Suède : Le pays mise sur la robotisation pour rester compétitif malgré le coût de la main d’œuvre

lofven-690Photo: Prime MinisterStefan Löfven (website du gouvernement suédois)

Le constat est là : si des entreprises suédoises continuent de délocaliser leur production à l’étranger, elles sont de plus en plus nombreuses à choisir de la relocaliser ou même de la maintenir sur place. Plusieurs études récentes se sont penchées sur la question et ont mis en avant que l’ajustement salarial n’était plus la clé pour une bonne compétitivité. D’autres facteurs entraient en jeu pour lesquels la Suède souhaitait conserver sa longueur d’avance, ce que veut encourager le premier ministre Stefan Löfven, en promouvant la robotisation des usines.
Le constat :

Business Sweden (Organisme chargé de promouvoir l’investissement en Suède) avait mené une enquête sur le sujet de la délocalisation en décembre 2014 auprès de 400 entreprises qui produisaient à la fois en Suède et à l’étranger. La moitié des entreprises interrogées révélaient qu’elles avaient augmenté leur production en Suède ces 3 dernières années, à la fois par le biais d’une plus grand robotisation de leur centre de production mais aussi en assurant de nouvelles embauches. Business Sweden concluaient que si des entreprises continuaient de délocaliser leur production à l’étranger, de plus en plus d’entre elles choisissaient de développer leur production sur place ou de la rapatrier en Suède.

Comment l’expliquer ?

Pour Business Sweden, cette nouvelle réalité signifiait que l’industrie suédoise apparaissait comme de nouveau compétitive même si le coût de la main d’œuvre avait augmenté plus rapidement que la moyenne des autres pays concurrents durant ces 15 dernières années.Les raisons avancées justifiant cette décision étaient:

• la proximité avec le lieu de production qui facilitait la vérification de la qualité et le respect des délais ;
• Le meilleur lien entre la production, la recherche et le développement et les sous-traitants ;
• le personnel qualifié et formé ;
• la qualité des infrastructures, de la communication et de l’énergie.

Medlingsinstitutet (Office national de médiation) s’est penché également sur cette question dans un rapport publié en Août 2015. Celui-ci notait que ces 3 dernières années, l’augmentation des salaires avait été modérée et que l’affaiblissement de la couronne suédoise avait profité aux exportations (par exemple, au Danemark et au Royaume-Unis, l’augmentation du coût de la main d ‘œuvre a été plus forte qu’en Suède). Il démontrait aussi que la compétitivité ne s’appréciait plus uniquement sur les bas salaires mais également sur le niveau des compétences et de la technologie des entreprises, et sur le coût de la logistique.

De son côté, le journal Dagensarbete listait récemment les 10 raisons motivant les entreprises à maintenir leur production en Suède. Il s’avérait que l’éloignement de la production commençait à représenter un coût important ne justifiant plus une délocalisation dans des pays où les salaires étaient plus faibles. La variante se trouvait ailleurs. Et le journal concluait que tout se jouait aujourd’hui non plus sur la variable salariale mais sur la robotisation et l’investissement dans les nouvelles technologies.

La prochaine priorité du premier ministre :

C’est donc le message qu’a martelé le premier ministre Stefan Löfven dans une interview donnée au journal Dagensnyheter le 30 août 2015 : « nous devons robotiser ! ». Pour lui, la Suède a une carte à jouer dans cette prise de conscience. « N’ayons pas peur des robots, dit-il en filigrane, précisant qu’il ne faut « pas avoir peur des nouvelles technologies mais des anciennes ». Ce discours peut paraître étonnant de la part d’un ancien leader syndical mais Stefan Löfven se dit cohérent. D’après lui, la robotisation ne va pas conduire à plus de chômage mais au contraire, va permettre à de nouvelles branches d’émerger qui elles-mêmes, seront créatrices d’emploi.

« Le mot clé est la productivité (…). Nous devons avoir une infrastructure en Suède qui fonctionne » dit-il.
Car le calcul de Stefan Löfven est simple : la classe moyenne va augmenter dans le monde de 1,5 milliards de personnes entre 2010 et 2020 et 1,5 milliards entre 2020 et 2030. Classe moyenne qui doté d’un pouvoir d’achat va vouloir consommer… et c’est à cette attente qu’il va falloir pouvoir répondre.

Or, si l’industrie suédoise ne pourra jamais concurrencer celle des autres pays en terme de faibles salaires, elle peut gagner sur le plan d’une technologie hautement développée et d’un niveau de compétence élevé. En développant maintenant la robotisation des lieux de production, la Suède sera prête à conquérir de nouveau marché, avec les meilleurs produits et services du monde… et au meilleur prix.

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