Lituanie : l’organisme chargé de l’accompagnement des chômeurs et de leur indemnisation en crise

Alors que la Lituanie comptait 228 000 chômeurs (près de 14% de la population active) au troisième semestre 2009, la Bourse du Travail, chargée d’accompagner les personnes à la recherche d’un emploi et de verser les allocations chômages aux ayants-droit, a mauvaise réputation. C’est pourquoi le gouvernement a lancé une réforme de l’institution, après avoir limogé son directeur en mars.

Austérité financière et manne européenne

À l’été 2008, un audit avait dénoncé le manque de sérieux dans l’accomplissement des missions de la Bourse du Travail, ainsi que la mauvaise utilisation des fonds. Au temps du plein emploi, l’institution avait déjà mauvaise réputation : inadaptation des services et des formations proposées, soupçons de corruption pour la répartition des subventions aux entreprises (notamment pour celles qui emploient des handicapés, des jeunes de moins de 25 ans ou des seniors) ou le maintien de l’inscription (qui garantit une protection sociale minimale) de personnes travaillant au noir… En outre, les allocations chômages sont assez réduites, plafonnées à 1041 litai (autour de 300 euros),  et elles ne sont versées pour une période de six à neuf mois. Mais il faut aussi compter la prime de licenciement, généralement de un à trois mois de salaire – les allocations chômages ne sont versées qu’une fois ce nombre de mois écoulés – et les formations proposées par la Bourse du Travail, au cours desquelles les chômeurs peuvent percevoir le salaire minimum légal (800 litai), au risque de devenir des « étudiants éternels » enchaînant formation sur formation.

Pour tenter de remédier à la situation, le gouvernement a ébauché plusieurs pistes : favoriser le travail à temps partiel, accorder les formations proposées avec les besoins du plan de soutien au commerce lancé par le ministère de l’Économie. Mais il est hors de question d’augmenter les allocations chômages ou leur durée – politique d’austérité oblige. Au contraire, on veut inciter les chômeurs à retrouver un travail le plus rapidement possible. Au mois d’août, le nouveau ministre du Travail et des Affaires sociales Donatas Jankauskas a même émis l’idée d’accorder une prime équivalente à deux mois d’allocations chômage aux personnes qui retrouveraient un emploi en moins d’un mois. Mais les syndicats et les organisations patronales sont sceptiques.

Malgré cette politique d’austérité, on peut tout de même compter sur des programmes financés par les fonds européens. Le 28 octobre 2009, 90 millions de litai (26 millions d’euros) ont ainsi été débloqués pour fournir aux salariés au chômage technique partiel des « emplois provisoires » de 72 heures par mois, payés au salaire horaire minimum, consistant à effectuer des tâches d’entretien de l’environnement ou de réparation sur le lieu habituel de travail. Le programme devrait bénéficier à 13 000 personnes sur une période de trois ans. En outre, les fonds européens devraient aussi être utilisés pour accorder des aides à la création d’entreprises. Au total, pour la période 2007-2013, les programmes financés par l’Union Européenne devraient représenter un investissement de 1,2 milliard de litai (350 millions d’euros) et permettre à 250 000 personnes de trouver du travail, d’améliorer leur qualification ou se lancer dans le commerce.

Une réforme de la Bourse du travail

D’autre part, le ministère des Affaires sociales travaille à insuffler à la Bourse du Travail un nouveau dynamisme. Le 15 septembre, les services ont été refondus, certains ont disparu (relations internationales), d’autres sont apparus (audit, service juridique, observation du marché du travail, soutien à l’emploi). Un nouveau programme de formation et de requalification a été crée pour rendre les salariés plus polyvalents.

Plusieurs mesures ont été prises pour faciliter la vie des personnes à la recherche d’un emploi. Depuis fin septembre, la Bourse du Travail travaille en coopération avec des agences privées d’emploi, comme CV.lt dont les annonces sont désormais gratuitement accessibles aux personnes inscrites à la Bourse du Travail et aux employeurs. De plus, le 28 octobre, le gouvernement a supprimé l’obligation pour ceux qui ont perdu leur emploi de transmettre leur lettre de licenciement à la Bourse du Travail, automatiquement avertie par la Sécurité Sociale (Sodra) de la rupture du contrat de travail. Enfin, le 25 novembre, le gouvernement a simplifié l’enregistrement à la Bourse du Travail des personnes dont l’employeur fait faillite – on compte 250-300 entreprises dans cette situation.

L’ensemble s’inscrit dans un projet national d’« amélioration de la gestion du marché du travail », pour lequel le ministère des Affaires sociales et la Bourse du Travail préparent une série de nouvelles mesures.

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