La santé en Norvège

Les services de santé publics sont financés par l’impôt et conçus pour être accessibles à toutes les personnes résidant en Norvège, quel que soit leur statut social. Avec ses 220 000 salariés, le secteur de santé est l’un des plus importants de la société norvégienne.

L’organisation nationale est classique pour un pays nordique. La santé publique est placée sous la responsabilité du Ministère de la santé, qui a la charge d’élaborer et de contrôler la politique nationale dans ce domaine. A noter que les questions de toxicomanie sont plutôt considérées comme relevant du secteur social, mais il est question de les regrouper au ministère de la santé.

Le ministère de la santé est assisté de plusieurs agences techniques :

– Sosial-og helsedirektoratet (l’Agence Nationale sanitaire et sociale) , qui n’est pas une direction, mais une agence qui ressemble à un établissement public chargé de donner un conseil technique au gouvernement, au parlement et aux collectivités locales en matière sanitaire, et de surveiller le systèmes de santé (suivi quantitatif, qualitatif, statistiques, bonnes pratiques, etc… pour le système de soins et la prévention sanitaire)

– Statens Helsetilsyn (le Conseil Norvégien de la santé) qui est une autorité indépendante de supervision des services sanitaires et sociaux du pays. Il supervise l’action des services de contrôle des services sociaux des gouverneurs (préfets) et pilote directement les inspections départementales des services et des personnels de soins

– Folkehelseinstituttet (l’Institut de santé publique) qui a pour objectif d’améliorer la santé des populations en agissant sur la promotion de la santé et la prévention.

NRPA (l’Agence norvégienne de protection contre les radiations)

– Mattilsynet (l’Agence norvégienne de sécurité alimentaire)

– Statens legemiddeverk (l’agence nationale des médicaments)

– Bioteknologinemda (le Conseil National des biotechnologies) qui est une autorité indépendante qui évalue les conséquences sociales et éthiques des biotechnologies.

– Kokom (le centre national sur les communications d’urgence en santé) qui donne des conseils sur les technologies à utiliser pour le fonctionnement technique des centres d’appel d’urgence.

Il existe en Norvège un important développement de la médecine alternative, qui est disponible dans tous les services publics municipaux, avec l’appui du Centre National de Recherche en Médecine Complémentaire et Alternative (sigle Norvégien:NAFKAM) qui possède son propre département au sein de la Faculté de Médecine de l’Université de Tromso. Il est animé par 21 personnes (12 chercheurs et 9 administratifs).

NAFKAM stimule, organise et coordonne la recherche norvégienne en Médecine Complémentaire et Alternative. Le centre développe la formation, les consultations, la coopération nationale et internationale (notamment avec la Chine) ainsi que l’information du public.

Les services municipaux de santé sont le fondement du système norvégien. La prévention, les services de généralistes, la rééducation, les soins courants sont du ressort de la commune. Tous les habitants peuvent se rendre au dispensaire local ou chez un médecin et recevoir sur place, dans la plupart des cas, les soins nécessaires. Le rôle des généralistes est de dépister les maladies dès que possible, de traiter les petits problèmes quotidiens et, le cas échéant, d’orienter les patients vers les spécialistes. Les services de soins dispensés par les généralistes sont facilement accessibles en Norvège. Si la couverture varie selon les régions, le nombre de médecins est proportionnellement plus dense dans les départements où l’habitat est dispersé et où les communications sont difficiles, notamment en Norvège du Nord. On notera que la Norvège a mis en place en 2000 un système de médecins référents. Cette réforme visait à améliorer la qualité des services de soins dispensés par les médecins généralistes en permettant à tous ceux qui le souhaitent d’avoir un médecin généraliste unique auquel s’adresser.

Il existe une sécurité sociale, qui est une assurance collective qui couvre l’ensemble des habitants du royaume et assure diverses prestations sociales (en cas de chômage ou de vieillesse par exemple) . En matière de maladie, elle prend en charge les dépenses payées par l’usager des service au-delà d’un plafond fixé annuellement (de l’ordre de 1500 couronnes, soit 190 euros). Les prestations comprises dans la quote-part sont celles des médecins généralistes ou spécialistes et des psychologues qui perçoivent de leur commune ou de leur département d’exercice leurs moyens de fonctionnement. Sont en outre compris les médicaments figurant sur les ordonnances dites «blå resept » (ordonnances dispensant les patients atteints d’affections lourdes, ou à vie, du paiement des frais pharmaceutiques), le matériel médical et les consultations dans les centres de radiologie privés. Les patients hospitalisés bénéficient de la gratuité des prestations.

En matière hospitalière, le système a été nationalisé et centralisé à la suite d’un vote en juin 2001 par le Parlement norvégien d’une réforme majeure, dont les deux principaux éléments concernant l’hospitalisation ont été le transfert des hôpitaux à l’Etat, qui en est désormais l’unique propriétaire, et l’organisation des hôpitaux en entreprises, dans le cadre d’entreprises régionales de santé. Il en existe 4 sur le territoire.

Cette réforme est allée au-delà de l’hospitalisation: elle concerne en réalité la quasi-totalité des services départementaux de médecine spécialisée – dans les domaines de la somatique et de la psychiatrie comme dans celui du service ambulancier.

Les entreprises régionales de santé sont des personnes juridiques, et ne font donc pas partie intégrante de l’administration de l’Etat. Celui-ci se contentera de définir les objectifs et les orientations de la politique de santé, qui servent de base à la gestion de ces entreprises.

A noter que lorsque la vie du patient est en danger, ou dans les cas d’affections particulièrement pénibles, la Sécurité sociale couvre les frais d’un traitement à l’étranger dans la mesure où les hôpitaux norvégiens ne disposent pas des compétences nécessaires pour mener à bien le traitement. Dans certains cas, plutôt que d’investir dans des compétences extrêmement spécialisées pour soigner les maladies très rares, les autorités préfèrent acheter ces services à l’étranger. La demande de soins à l’étranger a connu une forte hausse ces dernières années, et la France est dans certains cas une destination possible.

Le budget global hospitalier est en 2008 de plus de 75 milliards de couronnes norvégiennes, soit 9,4 milliards d’euros.

La Norvège connaît un problème de listes d’attente : tous ceux qui demandent un examen ou un traitement dans un hôpital public – à l’exception des cas d’urgence – sont inscrits sur des listes d’attente. Il est ainsi possible de connaître à tout moment, et pour chaque hôpital, le nombre de patients en attente d’un traitement et le type de maladie à traiter. Les patients à traiter en urgence ne sont pas répertoriés sur une liste d’attente, mais sont pris en charge immédiatement. La durée de l’attente varie cependant selon les départements et d’un domaine médical à l’autre. C’est en orthopédie et en oto-rhino-laryngologie que les listes d’attente sont les plus longues. Les patients atteints d’une maladie grave ont la garantie d’être soignés dans les trois mois. Tous les autres patients doivent attendre que des possibilités de soins se libèrent. La garantie d’être soigné dans les trois mois est effective pour la plupart des patients concernés.

Il existe aussi un système d’assurance maladie – indemnités journalières pour les salariés : tous les salariés ont droit à des indemnités de maladie dès leur premier jour d’absence. L’employeur verse les indemnités correspondant aux 16 premiers jours calendaires de la mise en congé de maladie, période au-delà de laquelle la Sécurité sociale prend en charge le patient. Le montant des indemnités est identique au salaire, mais est limité à un plafond de six fois la base forfaitaire fixée par la législation sur la sécurité sociale (qui se monte aujourd’hui à 50 000 NOK par an). L’État, les collectivités locales et certaines grandes entreprises couvrent toutefois dans le cadre d’accords collectifs la différence éventuelle entre salaire et indemnités, ce qui permet aux personnes disposant d’un salaire élevé de conserver leur pouvoir d’achat en cas de maladie.

Les indemnités de maladie et l’absentéisme font l’objet d’incessantes discussions. Tout le monde s’accorde pour reconnaître que l’absentéisme est trop élevé et que des indemnités moins généreuses contribueraient à y remédier.

Les services sociaux de la commune ont l’obligation de venir en aide aux toxicomanes, afin d’assurer une collaboration planifiée entre les services administratifs destinés à des groupes d’usagers dont certains des intéressés relèvent de différents services sociaux.

L’état de santé des norvégiens :

Quelques indicateurs comparatifs (en gardant à l’esprit que la Suède est le pays d’Europe où l’on vit le plus longtemps)

OMS, dernière valeur connue

Norvège

Suède

France

Espérance de vie des hommes

76.5

77.7

75.5

Espérance de vie des femmes

81.7

82.3

83.1

Mortalité cardiovasculaire

(cas/100 000 personnes)

232.0

248.7

167.4

Mortalité périnatale

(cas/1000 naissances)

3.36

3.66

4.38

Cas de tuberculose

(/100 000 personnes)

5.89

4.58

7.18

Médecins

(/100 000 habitants)

311.1

326.3

334.9

Dépenses de santé (en % du PNB)

9.1

9.2

9.70

Globalement, un état de santé meilleur que celui des autres pays européens, à l’exception des maladies cardiovasculaires pour lesquelles la Norvège est mal placée. C’est probablement lié à des questions de nutrition.

Dernières données de l’OMS (base de données santé pour Tous):

Population (2005): 4 620 000

  • Part de la population de 0-14 ans en 2004: 19.82 %
  • Part de la population de 65 ans et plus en 2004 14.72 %
  • Espérance de vie à la naissance en 2004: 80.17 ans
  • Lits hospitaliers pour 100000 habitants en 2005: 419.16
  • Dépenses de santé en pourcentage du PNB en 2004: 9.90 %

Le site du ministère norvégien de la santé

Le site de l’Agence Nationale de Santé

Le site de l’institut National de Santé Publique

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