Les partenaires sociaux au Danemark

Les organisations syndicales

Les fédérations nationales des salariés, comme les fédérations patronales, sont en voie de transformation ces dernières années. Il y a une tendance à réduire le nombre d’organisations ou de cartels. En effet, les fusions des organisations patronales des différents secteurs ont conduit les syndicats de salariés à se regrouper en fédérations qui elles -même forment des cartels pour les négociations. Le cartel le plus important dans le secteur privé est l’Organisation centrale des travailleurs de l’industrie au Danemark (la CO-Industri).

La syndicalisation est généralisée. Plus de 80% des salariés danois sont membres d’un syndicat. Il y a toutefois des variations selon les secteurs et les statuts : ainsi, dans le secteur privé, le taux d’adhésion à une organisation syndicale atteint de près de 90% pour les salariés horaires (affichant néanmoins une légère tendance à la baisse), et un peu plus de 60% pour les salariés mensuels.

Les organisations principales centrales les plus importantes sont

§ la Confédération nationale du Travail du Danemark (la LO) : elle est la principale confédération du Danemark, avec environ 1,5 millions de membres, dont 49 % de femmes. LO est la plus ancienne des confédération. Elle a été créée en 1898, deux ans après la principale organisation d´employeurs (DA). Sur le plan politique, LO était très proche du parti social démocrate, avec un soutien réciproque. Aujourd´hui LO est en principe plus indépendante, ce qui lui permet d´être un partenaire crédible pour les gouvernements libéraux-conservateurs d´alternance et lui permet d´élargir la base de ses adhésions.

l’Union des fonctionnaires et agents d’administration (la FTF), qui compte 450 000 membres et représente une force particulièrement importante au Danemark compte tenu de la place du secteur public : le système de soins en établissements, par exemple, est entièrement public.

la Confédération des diplômés des universités et des grandes écoles (l’AC) : il s´agit de la seule confédération dont les effectifs progressent (plus de 200 000 personnes en 2004), au détriment des deux autres, du fait du développement du secteur tertiaire et de la progression régulière de la qualification des salariés, qui sont de plus en plus nombreux à avoir fait des études supérieures.

L´organisation des cadres et directeurs (Ledernes Hovorganisaton LH)

La structure des syndicats est complexe, et s´adapte aux circonstances, comme c´est le cas actuellement avec la réforme des collectivités territoriales. En général, notamment pour LO, il existe trois niveaux :

  • Le niveau de la confédération
  • Le niveau des branches et des professions, avec des syndicats multiples le plus souvent organisés selon le niveau d´éducation et la profession, l´organisation par branches professionnelles s´étant développé depuis quelques années seulement. Ainsi, au sein de LO, les principaux syndicats sont celui des employés de bureau et du commerce (Handels og kontor funktionaeres Forbund i Danmark, 340 000 membres), l´Union générale des travailleurs du Danemark (315 000 membres), l´Union générale des employés du secteur public (199 000 membres), et l´Union des travailleurs danois du métal (143 000 membres)
  • Le niveau des syndicats locaux, extrêmement important du fait de la décentralisation très développée de la négociation. Ils existent à la fois dans les entreprises, sous forme de « clubs » ou de « comités » présidés par les délégués du personnel et au niveau local à l´extérieur de l´entreprise

Le fonctionnement de la confédération LO repose sur 3 organes différents :

  • Le congrès, qui est la plus haute autorité. Il est renouvelé tous les 4 ans. Il est composé de 800 délégués qui définissent les objectifs et la politique du syndicat. Le congrès élit le président, le vice-président et les 4 secrétaires confédéraux de LO
  • Le conseil général de la confédération, composé de 50 membres. Il se réunit 3 ou 4 fois par an. Il élabore des objectifs et prépare des activités.
  • Le bureau exécutif, qui est composé de 15 membres. C´est l’organe qui décide au jour le jour, sur la base des travaux du congrès

Les organisations patronales

La principale organisation patronale centrale est la Confédération des Employeurs Danois (la DA pour Dansk Arbejdsgiverforening). Il existe aussi l´Union des employeurs de l´agriculture (SALA pour Sammenslutningen af Landbrugets Arbejdsgiverforeninger) et l´Association danoise des employeurs du secteur financier (FA pour Finanssektorens Arbejdsgiverforening) . Dans le secteur public, les employeurs qui négocient les conventions collectives sont le ministère des Finances, qui est le représentant de l’Etat employeur et joue donc le rôle des confédérations du secteur privé, et l´Association des collectivités locales danoises (LGDK).

La confédération danoise des employeurs (DA) est la principale organisation qui regroupe les employeurs du secteur privé pour l’industrie, les services et l’artisanat. Elle regroupe environ 40 % des employeurs qui emploient environ 60 % des salariés. Créée en 1896 pour répondre à l’organisation du mouvement ouvrier, DA s’est organisée pour coordonner les négociations collectives menées par les différentes associations d’employeurs affiliées, car les membres de DA sont des fédérations d´employeurs et non des employeurs individuels. DA négocie également directement avec LO sur des sujets qui concernent l’ensemble des salariés, comme les congés payés, la réduction du temps de travail. DA gère également des fonds destinés à soutenir les entreprises engagées dans des conflits collectifs. Elle réalise par ailleurs des statistiques très complètes sur l’emploi, ainsi que les statistiques officielles de salaires pour le pays.

Le mouvement patronal est en pleine restructuration. Celle-ci a démarré en 1989 avec un processus de fusions. Il y avait à cette date 150 fédérations. Elles sont aujourd’hui passées à 13. Il y a une tendance à réduire le nombre d’organisations ou de cartels qui seront en revanche plus grands et plus efficaces.

La tendance est valable dans tous les domaines mais se manifeste surtout dans l’industrie. En mai 1992, un grand nombre d’organisations patronales et industrielles se sont réunies dans la Fédération des Industrie Danoises (la DI) qui est, sans comparaison, l’organisation la plus importante de la Confédération des Employeurs Danois. Les conventions conclues par la DI couvrent plus de 50% des salariés dans le domaine de la DA.

Un des objectifs des réorganisations était de clarifier les rôles : la fonction de services aux adhérents est de plus en plus confiée aux fédérations, la confédération DA assurant des fonctions politiques, l´orientation des négociations et assurant un rôle d´arbitrage en cas de conflit.

On notera que les entreprises qui n´adhèrent pas à DA peuvent parfois être parfois très importantes comme l´entreprise pharmaceutique NOVO. Il arrive souvent que ces entreprises aient signé un accord qui les engage à n´employer que des salariés adhérents du syndicat signataire, ce qui est une façon d´acheter la paix sociale.

Dans leur contenu en termes de protections en revanche, les accords signés par les entreprises qui font cavalier seul comme Novo calquent de fait les garanties négociées par les fédérations de branches.

Il existe toutefois des entreprises qui n’ont pas d’accord collectif, au moins à certain moment de leur existence. Les filiales d´entreprises étrangères, notamment américaines, qui s’installent au Danemark sont réticentes à signer des accords d’entreprises ; ces entreprises font souvent l’objet de grèves de solidarité (blocages des livraisons par exemple) et les employeurs trouvent ensuite rapidement avantage à signer des accords qui leur apportent une garantie de paix sociale. Récemment, la même mésaventure est arrivée à des entreprises lettones, parfois filiales de sociétés danoises, qui proposaient des prestations à des services défiant toute concurrence, notamment dans le domaine de la construction, grâce á des détachements de travailleurs des nouveaux pays.

les petites entreprises du secteur de la construction ou du secteur hôtels cafés restaurants sont classiquement également réticentes à appliquer les accords collectifs de branches. Toutefois, dans un contexte de fort taux d’emploi et de très faible chômage, il y a de vraies difficultés à retenir la main-d’œuvre, donc un rapport de force plutôt favorable aux salariés. Au besoin, les actions de sympathie, telles que la grève des éboueurs du quartier touristique de Nyhavn, à Copenhague, permettent d´assurer une pression très convaincante sur les employeurs, dans ce cas les restaurateurs du quartier, vaincus par les odeurs en pleine saison touristique…

Finalement, on peut estimer que peu de salariés échappent réellement aux protections offertes par les conventions collectives.

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