Emploi des mères et politique familiale : doit-on s’inspirer du « modèle suédois » ?

Un article critique publié par le Centre d´etudes de l´Emploi et écrit par CELINE MARC, Matisse/Université de Paris 1, et HELENE ZAJDELA, Centre d’études de l’emploi/Matisse/Université d’Evry-Val d’Essonne

INTRODUCTION


En France, depuis 1994, l’extension de l’Allocation Parentale d’Education (APE) aux parents
de deux enfants a provoqué une chute brutale de l’activité des mères concernées. Ce type de
dispositif entre fortement en contradiction avec les politiques de l’emploi les plus récentes
qui, au contraire, visent à accroître les taux d’activité (Prime Pour l’Emploi, prolongement de
l’intéressement à la sortie du RMI, plan d’aide au retour à l’emploi …). Le niveau d’activité
est en effet jugé trop faible et particulièrement pour les femmes : il s’élevait à 74,5 % pour
les hommes contre seulement 62,1 % pour les femmes en 2002. Cette contradiction entre la
volonté d’accroître les taux d’activité, des femmes en particulier, et des mesures de politiques
familiales comme l’APE, qui le diminuent considérablement, est gérée péniblement ex post
en mettant en oeuvre des politiques incitatives visant à réinsérer les mères dans l’emploi à la
sortie de l’APE (Aide à la Reprise d’Activité des Femmes).


Au contraire, la Suède est unanimement présentée comme un modèle évitant l’écueil d’une
contradiction entre politique familiale et activité des femmes. Les congés parentaux introduits
en Suède en 1974, en remplacement des congés maternités, semblent avoir fortement contribué
aux transformations des comportements féminins sur le marché du travail. Les taux d’activité
des hommes et des femmes sont élevés et très proches (79,8 % pour les hommes et 76,1 %
pour les femmes en 2002).
Faut-il s’inspirer du modèle suédois pour éviter les conflits d’intérêt entre politique familiale
et politique de l’emploi ? L’objectif de cet article est d’évaluer la pertinence des mesures visant
à concilier travail et famille en France et en Suède, en examinant plus particulièrement leurs
effets sur l’emploi des mères.
Afin de comparer les effets de la politique familiale nous examinerons, dans un premier
temps, les structures institutionnelles concernant les congés parentaux et la garde des jeunes
enfants. Puis, nous proposerons une analyse statistique basée sur l’exploitation de données
françaises et suédoises du recours au travail à temps partiel et de son influence sur la
ségrégation professionnelle.

La suite de l’article en téléchargement sur le site du Centre d’Etudes de l’Emploi

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